Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap : Stop au scandale d’une précarité entretenue par l’État !

Ce mardi 21 octobre 2021, les Accompagnantes et Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap et les Auxiliaires de vie scolaire ont lancé un appel à la grève.

Les AESH en ont assez d’être la dernière roue du carrosse de l’Éducation Nationale conduit par M. Blanquer. Les AESH jouent un rôle primordial au sein de la communauté éducative. Ils sont au quotidien en première ligne afin de favoriser l’inclusion et l’égal accès de tous les élèves à l’éducation. Pour mémoire, notre système éducatif accueille plus de 420 000 élèves en situation de handicap pour 90 000 AESH.

Pourtant, le gouvernement reste encore et toujours hermétique à leurs justes revendications. Pire encore, par son absence d’actes forts, il entretient et nourrit la précarisation de milliers de personnes au sein même des établissements scolaires. L’école de MM. Macron et Blanquer n’est pas celle de l’inclusion. C’est l’école « Low-cost ».

Il est temps de mettre en place pour les AESH et Auxiliaires de Vie Scolaire un vrai statut et un vrai salaire . Un vrai statut qui sorte de la précarité des milliers de femmes et d’ hommes. L’ État doit créer un corps de fonctionnaire et titulariser, non multiplier les contrats précaires. Cette action doit aller de pair avec la mise en place d’une formation diplômante publique et la reconnaissance des compétences acquises ou à venir.

Il faut également une vraie hausse des salaires et un rattrapage du point d’indice. Il est scandaleux que l’État impose des temps partiels contraints et payent en moyenne les AESH 750 euros par mois !

Par ailleurs, la généralisation des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés (PIAL) a accéléré la dégradation des conditions de travail des AESH : la mutualisation des moyens a eu pour conséquence d’augmenter le nombre d ‘élèves suivis par chaque AESH, compliquant ainsi leur travail au quotidien. Cette organisation est à revoir complètement.

En tant qu‘élu régional mais également professeur, j’apporte tout mon soutien aux revendications des AESH et également des Auxiliaires de Vie Scolaire qui remplissent chaque jour avec dignité et détermination leurs missions au service de l’inclusion de tous les élèves. Nous continuons le combat à leurs côtés pour un statut stable et solide, des hausses de salaires et des conditions de travail dignes leur permettant d’aider, de progresser sur le chemin de l’inclusion et de la réussite éducative avec tous les élèves accompagnés.

Julien Poix, conseiller régional des Hauts-de-France,

Groupe Pour le Climat et et Pour l’Emploi, délégation LFI.

Contact : julien.poix@hautsdefrance.fr

Bilan #2 : séance du 23 septembre du conseil régional

Retrouvez ci-dessous mes interventions effectuées lors de la séance du Conseil Régional le 23 septembre 2021. Une séance lors de laquelle j’ai eu l’occasion de défendre la motion rédigée au nom du Groupe pour le Climat et l’Emploi pour demander un plan d’urgence régional contre l’amiante. La majorité de droite de M. Bertrand a rejeté cette motion mais nous avons tout de même obtenu la mise en place d’un groupe de travail sur l’amiante.

Un débat intense sur la question de la vidéosurveillance a animé les travaux de l’assemblée régionale. la bataille fût tout aussi intense au sujet du règlement intérieur qui définit pour 6 ans le fonctionnement du conseil régional. Le groupe Pour le Climat et Pour l’Emploi a déposé 96 amendements constructifs afin de rendre plus démocratiques et accessibles les débats d’une instance peu connue encore des habitants de notre région. Sans surprise, la majorité de droite du Président Xavier Bertrand a rejeté tous nos amendements en bloc.

Financement des équipements de vidéoprotection aux abords du pôle d’échanges de la gare de Béthune.

Monsieur le Président,

Le débat qui nous anime sur cette question est un débat politique. Nous ne le trancherons certainement pas aujourd’hui mais il est bon de rappeler les positions de chacun sur ce sujet qui n’est pas anecdotique. C’est un choix de société, un choix de civilisation face auquel nous sommes. Au delà de savoir combien de caméra de vidéo-surveillance il serait nécessaire de déployer à la gare de Béthune, c’est la question de l’efficacité des caméras qui est posée.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Les caméras de vidéo-surveillance ont joué un rôle concret dans l’élucidation de 3 % des délits. Et encore, certaines études avancent des chiffres autour du 1 %. Le ratio/ rapport entre les sommes investies et élucidation des affaires est abyssal. Enfin, la question de la sécurité n’est pas une compétence régionale, nous l’avons assez rappelé pendant la campagne. Nous n’avons en outre aucun bilan global et consolidé sur toutes les subventions régionales accordées depuis des années par le conseil régional.

Nous privilégions l’humain d’abord en matière de sûreté ferroviaire. La question mérite d’être posée : pour une caméra posée, combien de poste dans les sociétés de sécurité sont supprimées ? Combien coûte un recrutement de policier municipal ? Ne serait-il pas pour les communes un investissement plus pérenne ? Par ailleurs la région n’a pas à suppléer les défaillances de l’État en la matière : faire croire que les caméras remplaceraient les postes de gendarmes ou de policiers supprimés sous la présidence de M. Sarkozy est illusoire ( 10 000 postes en moins qui n’ont pas été rattrapé). La vidéosurveillance est d’ailleurs souvent perçue par les gardiens de la paix comme une charge en plus, une tâche supplémentaire difficile à accomplir correctement du fait de leurs baisses d’effectifs .

C’est en réhumanisant les gares , en ouvrant les bâtiments parfois fermés ou désaffectés et en y créant des activités sociales ou économiques que nous apaiserons les abords. Les gares ne doivent plus être que des lieux de passage, de transit, elles doivent devenir des points de rencontre, des lieux de vie sociale.

Nous demandons par exemple la réouverture de toilettes publiques ET gratuite dans chaque gare. Il faut également les doter d’un point d’eau potable accessible à destination des publics divers ( promeneurs, familles, enfants). Réhumaniser pour apaiser plutôt que technologiser ou gadgétiser à outrance l’espace public, voilà notre ligne.

Nous voterons contre cette délibération.

Explication de vote motion déposée par le groupe Pour le Climat, pour l’Emploi, délégation écologiste et délégation insoumise.

Présentée par Julien Poix

Amiante dans les Hauts-de-France : un poison silencieux à éradiquer

Un constat terrible:

«  Il n’est pas possible de parler de l’amiante sans évoquer l’ampleur du drame sanitaire que représente l’amiante et qui dépasse largement me cadre national […]Nous devons faire preuve de volontarisme et de pragmatisme sur le sujet. Je sais que vous avez cet esprit d’écoute et de dialogue et que vous avez le souci de garantir la protection des victimes mais aussi de prémunir les générations futures à ce risque majeur » ces mots, ce sont les vôtres M. Bertrand. Vous étiez alors ministre de la santé et vous étiez auditionné par une commission du Sénat le 29 juin 2005. Ils sont encore valable aujourd’hui. Des mots nous devons à présent passer ensemble aux actes.

Notre région a payé le prix fort de la désindustrialisation. Aux conséquences sociales et économiques lourdes, s’est ajoutée une catastrophe sanitaire et humaine silencieuse : celle de l’amiante.

Les usines sont parties, mais celles et ceux qui les ont fait tourner pendant des années sont restées et ont gardé bien des années plus tard encore marqués dans leur corps.

Les pollutions industrielles sont l’héritage de la désindustrialisation.

La question de l’amiante fait partie de ce lourd héritage. Notre région comme la plupart des anciennes grandes régions industrielles est au premier rang des territoires concernés.

L’exposition à la fibre d’amiante peut entraîner à moyen et long terme : des plaques pleurales, des pleurésies, l’asbestose ( fibrose pulmonaire) et des mésothéliomes, cancers qui touchent la plèvre, le péritoine et le péricarde.

Malgré son interdiction depuis 1997, l’amiante est toujours présent sur nos lieux de travail, dans les habitations anciennes et dans notre environnement quotidiennement. C’est pourtant un cancérigène avéré responsable d’environ 2 600 à 6 500 morts chaque année dont la nocivité est établie et documentée scientifiquement depuis le début du XX ème siècle.

Selon le rapport n°37 du Sénat établi en 2005 par MM. Gérard Dériot ( Les Républicains) et Jean-Pierre Godefroy ( Groupe socialiste et républicain), l’amiante a tué près de 35 000 personnes en France entre 1965 et 1995. Le décompte macabre allant jusqu’à 100 000 morts sur la période 2005-2025.

Quelques chiffres édifiants : 93 % des hommes atteints d’un cancer de la plèvre ont été exposés à l’amiante. Le nombre de cancers liés à l’amiante chez les femmes a doublé entre 1998 et 2017.

Selon L’Organisation Internationale du Travail, 100 000 personnes meurent par ailleurs chaque année dans le monde des suites d’un empoisonnement à l’amiante.

La nécessite de l’action s’impose à différents niveaux. Le parlement européen vient de voter un rapport réclamant un plan d’action européen coordonné pour l’éradication de l’amiante.

De nos faiblesses, faisons une force

La région des Hauts-de-France doit agir dès le début de ce mandat pour lancer la lutte contre l’Amiante et tendre vers son éradication. Nous pouvons être à la pointe de ce combat en créant une filière des métiers de la dépollution.

Cette lutte dépasse les appartenances partisanes car elle la santé publique, notre patrimoine commun. L’amiante ne fait pas de distinction de classe et frappe tous les âges. Nous avons le devoir d’agir pour désamorcer cette bombe à retardement.

Nous vous proposons afin de coordonner nos efforts et de les articuler avec les partenaires indispensables que sont les collectivités locales de créer un groupe de travail régional sur la question de l’amiante.

Nous disposons pour agir de plusieurs leviers :

-celui de la formation d’abord, qui nous permettrait à travers le plan régional de formation de demander le développement de la filière des métiers de l’amiante et de la dépollution.

Désamianter et dépolluer nos territoires, c’est donner du travail pour des années à des ouvriers hautement qualifiés, des techniciens, des ingénieurs. C’est aussi permettre la reconquête d’anciennes friches industrielles en déshérences qui pourront à terme être remobilisées afin d’éviter l’artificialisation croissante des sols.

– au plan économique, en lien avec la question de la formation, la région des Hauts-de-France peut aider au développement d’un nouveau gisement d’emplois pérennes. La région pourrait ainsi aider à la mise en réseau des entreprises travaillant sur les questions de désamiantage et de dépollution en réfléchissant à la création d’un centre régional des métiers de la dépollution via une mise à disposition de locaux ou d’anciennes friches. Nous pourrions également nous fixer l’objectif d’accueillir dans notre région un centre d’inertage de l’amiante qui permet de neutraliser la dangerosité de ce matériau et d’éviter à tout prix l’enfouissage nocif pour l’homme et l’environnement.

Vous l’aurez compris, cette question de l’amiante est transversale. Elle concerne plusieurs commissions thématiques différentes :

-La commission « Au travail » pour ce qui touche aux questions de formation et de développement économique.

-La commission Santé pour ce qui relève des questions de prévention.

La région des Hauts-de-France peut être un acteur en pointe dans la lutte contre l’amiante 

Nous devons nous fixer comme objectif la création de filière d’emplois dédiés aux métiers de la dépollution. Notre stratégie doit se décliner en suivant 3 axes :

– Former les professionnels

– Évaluer et cartographier les pollutions

– Détruire la menace

Nous devons reconnaître l’urgence du problème de l’amiante et l’importance de l’enjeu sanitaire pour la région des Hauts-de-France et engager la création d’un groupe de travail transversal sur la question de l’amiante et des pollutions industriels regroupant élus, associations, collectivités locales, acteurs syndicaux et économiques. Ce groupe de travail se fixe comme objectif de réfléchir aux actions concrètes que la région peut soutenir, encourager et développer dans le secteur de la formation, du développement économique, de la prévention et de la protection de l’environnement afin d’éradiquer la menace de l’amiante.

Nous avons le devoir d’agir. Pour nos anciens morts de l’amiante, pour les malades actuels qui demande justice et sont le témoignage vivant de la dangerosité de ce matériau, nous avons la responsabilité en tant qu’élus d’agir pour empêcher que l’amiante continue de tuer. Cette offensive générale peut commencer dans les Hauts-de-France. Ce serait l’honneur de cette assemblée de dépasser les clivages politiques pour s’engager unie dans ce combat pour l’intérêt général humain.

Rassemblement à Thiant en hommage aux victimes de l’amiante ( 2018)

Motion du Conseil Régional des Hauts-de-France, séance du 23 septembre 2021

Amiante dans les Hauts-de-France : un poison silencieux à éradiquer

Présentée par Julien Poix

Pour le groupe Pour le climat et pour l’Emploi, délégation écologiste et délégation insoumise.

Le Conseil Régional des Hauts-de-France,

– vu le rapport d’information de MM. Gérard DÉRIOT ( Les Républicains) et Jean-Pierre GODEFROY (Groupe socialiste et républicain), fait au nom de la mission commune d’information n° 37 tome I (2005-2006) – 26 octobre 2005, précisant que l’amiante a tué près de 35 000 personnes en France entre 1965 et 1995 et que le nombre des décès est estimé à 100 000 morts sur la période 2005-2025 ;

– vu la directive 2009/148/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l’amiante ;

– vu le texte adopté le 14 mars 2013 par le Parlement européen sur les risques liés à l’amiante pour la santé au travail et sur les perspectives d’élimination complète de l’amiante encore existant ( P7_TA(2013)0093) ;

– vu le rapport d’opinion du Parlement européen déposé par la députée européenne Anne-Sophie Pelletier et adopté le 1er septembre 2021 portant sur la protection des travailleurs européens contre l’amiante ( Protéger les travailleurs européens (2019/2182 (INL)) ;

– vus les rapports successifs de l’Organisation Mondiale de la Santé indiquant que plus de 125 millions de personnes sont exposées au quotidien à l’amiante dans le monde ;

– vues les conclusions de l’Organisation Internationale du Travail qui estime que 100.000 personnes mourront chaque année dans le monde en raison de l’usage massif qui a été fait ou qui est encore fait de ce matériau ;

Considérant que malgré l’interdiction d’utilisation de l’amiante au niveau européen depuis 1999, l’amiante reste la première cause de décès liée à des maladies professionnelles et qu’elle touche également les particuliers par une augmentation continue des cancers et mésothéliomes liés à une exposition extra-professionnelle passive et limitée à l’amiante, par une augmentation des plaques pleurales, des pleurésies, de l’asbestose ( fibrose pulmonaire) qui touchent la plèvre, le péritoine et le péricarde ;

Considérant que malgré son interdiction depuis 1997 en France, l’amiante est toujours présent sur nos lieux de travail, dans les habitations anciennes et dans notre environnement, qu’elle est un cancérigène avéré responsable d’environ 2 600 à 6 500 morts chaque année dont la nocivité est établie et documentée scientifiquement depuis le début du XXème siècle ;

Considérant la dangerosité de l’amiante qui a tué près de 35 000 personnes en France entre 1965 et 1995, que l’estimation du nombre de décès par le Haut-conseil de la santé publique est estimé à 100 000 morts sur la période 2005-2025, que 93 % des hommes atteints d’un cancer de la plèvre ont été exposés à l’amiante et que le nombre de cancers liés à l’amiante chez les femmes a doublé entre 1998 et 2017 ;

Considérant l’importance de la question de l’amiante dans une région industrielle qui doit vivre avec les conséquences des pollutions héritées, considérant que la région des Hauts-de-France présente un des taux de friches les plus polluées d’Europe ;

Considérant la dangerosité pour l’homme et l’environnement de l’enfouissement de l’amiante et son impact lourd sur la santé publique régionale ;

Considérant qu’il est nécessaire d’améliorer et de pérenniser un dialogue coordonné entre la région, les collectivités locales, les acteurs associatifs, syndicaux et économiques concernés ;

Considérant qu’il est du devoir lu conseil régional d’aider et d’accompagner les associations des victimes de l’amiante,

Considérant la nécessité de renforcer et de développer à travers le plan de formation régional de nouvelles formations dédiées aux métiers du désamiantage et plus largement aux métiers de la dépollution, qu’Il s’agit de développer un secteur économique d’avenir, un important gisement d’emplois ;

Considérant que le région peut encourager et faciliter la collaboration entre les acteurs de la lutte contre l’amiante et les autres pollutions industrielles en passant par exemple par le développement d’un centre régional consacré aux métiers et aux techniques de la dépollution, par la mise à disposition d’un lieu favorisant la synergies des formateurs et des entreprises œuvrant dans ce secteur ;

Considérant la multiplication récente des dépôts sauvages d’amiante sur le territoire régional ( Fâches-Thumesnil (59), Saint-Amand-Les-Eaux (59), Licques (62), Vred ( 59), Savy (02)) et l’absence au niveau régional d’outils pour détruire et rendre inoffensive l’amiante par inertage, cette technique étant encore aujourd’hui à développer : une seule usine, à Morcenx (Landes), avec une seule torche à plasma, ne traite que 12 000 à 15 000 tonnes d’amiante par an, à comparer aux quelques 20 millions de tonnes de ce produit encore présentes au niveau national dans les divers établissements recevant du public ;

Considérant que la région peut agir dans son champ de compétence sur la question de l’amiante au niveau de la prévention, de la formation professionnelle, de la protection de l’environnement et du développement économique ;

Par la présente motion les élues et élus du Conseil Régional des Hauts-de-France :

– reconnaissent l’urgence du problème de l’amiante et l’importance de l’enjeu sanitaire pour la région des Hauts-de-France.

– engagent la création d’un groupe de travail transversal sur la question de l’amiante et des pollutions industrielles regroupant élus, associations, collectivités locales, acteurs syndicaux et économiques. Ce groupe de travail se fixe comme objectif de mettre en réseau les acteurs du dossier et de réfléchir à la mise en place au cours de l’année d’actions concrètes que la région peut soutenir, encourager et développer dans le secteur de la formation professionnelle, du développement économique, de la prévention et de la protection de l’environnement afin de travailler à l’éradication de l’amiante.

Pour toutes questions ou pour me contacter, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à cette adresse :

julien.poix@hautsdefrance.fr

M. Mulliez fait « fluncher » les actionnaires et les salariés payent l’addition

C’est une nouvelle annonce lourde de conséquences qui vient de tomber : l’entreprise Flunch s’ apprête à supprimer 900 emplois. Intégrée à la galaxie Mulliez, Flunch est confrontée à une grave crise. Dans le Nord, les restaurants de Lille Flandres et d’Aulnoy-Lez-Valenciennes sont menacés.

Pourtant, en 2017 le chiffre d’affaires du groupe Agapes auquel appartient Flunch atteignait 757 millions d’euros. Aujourd’hui encore, le groupe Agapes ( Flunch, les 3 brasseurs, O’Sushi , le Petit Cuisinier, Pizza Pai, Amarine, So good, Il Ristorante) demeure le 3ème groupe de restauration.

Le crise COVID 19 et la baisse du chiffre d’affaires engendrée par la pandémie n’explique pas tout. L’entreprise a fait de mauvais choix de développement depuis plusieurs années en tentant une aventure hasardeuse et coûteuse à l’étranger et n’a pas assez investi dans ses restaurants. Le groupe Mulliez a abondamment bénéficié du CICE et des cadeaux fiscaux de l’État. Pour quels résultats ? Au final, les salariés passent toujours à la caisse pour payer l’addition salée de l’improvisation et des approximations patronales.

Les élu-es de la France Insoumise au conseil régional des Hauts-de-France apportent tout leur soutien aux salariés des restaurants de Lille et d’Aulnoy-Lez-Valenciennes ainsi qu’aux 900 employés menacés par le chômage.


Face à ce nouveau naufrage économique et social tous les acteurs politiques doivent prendre leurs responsabilités. L’État et les collectivités doivent déployer tous les moyens nécessaires pour accompagner les salariés dans la reprise en franchise ou en coopérative des restaurants menacés. Avec la volonté politique, on peut enrayer la machine à broyer des vies : la reprise par la mairie de Marseille de l’ex-MacDonald’s du quartier Saint-Barthélemy nous montre qu’il est possible de faire vivre l’emploi sans les multinationales profiteuses du système.

Pour la délégation insoumise au conseil régional des Hauts-de-France,

Julien Poix

Régionales : Investiture des chef-fes de file dans le Nord

Depuis 5 ans, un duel mortifère se joue entre la droite et l’extrême-droite au conseil régional des Hauts-de-France. La démarche que nous lançons avec la France Insoumise a un objectif : faire revenir au conseil régional le camp du progrès, les représentants du peuple, les salariés, les ouvriers, les sans-emplois, les jeunes…C’est cet objectif qui a présidé au lancement du collectif « Hauts-de-France Populaires » animé par nos chef-fes de file régionaux, Evelyne Becker, conseillère municipale à Amiens et Ugo Bernalicis, député du Nord.

Il est urgent de construire pour les habitants des Hauts-de-France un bouclier social et sanitaire . Nos priorités sont claires :

  • Nous voulons une région qui prenne soin de ses habitant-es , qui améliore la santé de toutes et tous en développant les services publics, la recherche, et la formation. Nous voulons une région qui propose de grandes campagnes de dépistage et la décontamination de notre territoire marqué par les pollutions industrielles ( amiante, plomb, glyphosates…)
  • Nous voulons une région qui protège et redéploie les services publics , qui refuse la privatisation du rail et développe les réseaux de transport en commun, une région qui œuvre pour leur gratuité.
  • Nous voulons une région de l’emploi durable : pour combattre la crise économique et sociale tout en préparant notre région à la bifurcation écologique, développons les formations et emplois du futur : agriculture paysanne et bio, éolien, solaire, logistique durable, métiers de la santé et de la dépollution…
  • Nous voulons une région plus démocratique  qui expérimente le droit de pétition, la révocation des élus, le référendums d’initiative citoyenne régionaux, la généralisation des budgets citoyens…

Dans le Nord, la France Insoumise a investi ses chef-fes de file . Ils ont pour mission de rechercher le rassemblement des forces qui se retrouvent autour des mêmes objectifs, d’animer la campagne et de porter les propositions programmatiques pour construire des Hauts-de-France populaires .

C’est avec fierté et responsabilité que je reçois l’investiture de la France Insoumise comme chef de file du département du Nord pour l’élection régionale de juin 2021. C’est également un grand plaisir de travailler à nouveau avec mon amie et camarade Françoise Dupont-Cunin qui sera une digne représentante du Valenciennois.

Ugo Bernalicis et Evelyne Becker ( au centre) avec les militant-es de la France Insoumise lors du rassemblement contre le grand projet inutile « Tropicalia » à Rang-du-Fliers ( 62), le 6 février 2021.

Les chef-fes de file de la France Insoumise dans le département du Nord pour l’élection régionales:

Julien Poix
35 ans, né à Valenciennes, il vit à Lille.

Je suis enseignant en histoire-géographie en collège à Saint-Amand-les-Eaux . Membre de la France Insoumise depuis sa création, j’ai été candidat aux élections législatives de 2017 dans le Valenciennois puis tête de liste du collectif « Décidez Pour Lille » soutenu par la France Insoumise lors des élections municipales de 2020 à Lille.

Je suis également militant syndical et à adhérent à ATTAC. Je m’intéresse plus particulièrement aux dossiers du logement, de l’amiante, des pollutions industrielles et du développement des services publics.

Photo de Stéphane Burlot

Françoise Dupont-Cunin

61 ans, mariée,  mère et grand-mère.
Je vis à Trith-Saint-Léger dans le Valenciennois.

J’ai travaillé en collectivité locale comme cantinière.

Je suis très impliquée dans la vie associative de sa ville, et je suis actuellement bénévole dans une maison de quartier pour aider à l’accompagnement scolaire. J’ai aussi donné des cours d’alphabétisation.

Je suis membre du Parti de Gauche dont co-secrétaire départementale.

En 2017, j’ai été candidate aux législatives dans la 19eme circonscription du Nord.

Pour soutenir la démarche et construire les Hauts-de-France Populaires c’est ic : www.hautsdefrancepopulaires.fr

Logement: l’urgence de la réquisition

Le droit au Logement : toujours une urgence vitale !

La question du logement reste une urgence vitale pour des milliers de personnes à Lille et dans la métropole lilloise. Le dernier article de La Voix du Nord relatant l’expulsion des personnes qui occupaient un immeuble vacant sur le site de Saint-Sauveur nous le rappelle : l’accès à un logement digne est un droit fondamental qui n’est toujours pas garanti.

La France Insoumise avait fait le choix de placer le logement au cœur de sa campagne municipale. Aujourd’hui, plus que jamais, la question demeure d’actualité. Aussi, nous lançons un appel solennel à la mairie de Lille et aux bailleurs sociaux pour soutenir 3 mesures d’urgence :

-Demander la réquisition, l’ouverture et la mise en état des bâtiments publics vides qui appartiennent aux administrations et à l’État afin d’y loger en urgence les personnes sans-abris. La ville de Montreuil l’a fait dans le passé, pourquoi pas Lille ?

-Soutenir la proposition de la Confédération Nationale du Logement ( CNL) qui demande la gratuité des loyers du CROUS pour les étudiants. Il faut également demander la suspension des loyers étudiants chez les bailleurs privés.

-Demander aux bailleurs sociaux la suspension des loyers dans les HLM durant toute la période d’État d’urgence sanitaire.

Madame Aubry, en cette période où la crise sanitaire plonge nombre d’habitantes et d’habitants dans une grande précarité, vous avez le pouvoir et le devoir de lancer un grand débat municipal et national sur ces questions brûlantes.

Pour la France Insoumise Lille,

Julien Poix

Je vous invite à signer massivement et à partager cette pétition lancée par les associations aidant les personnes sans-abris présentent depuis des mois sur le site de Saint-Sauveur. Il faut interpeller la préfécture et la mairie de Lille: https://www.change.org/p/la-maire-de-lille-pour-les-46-personnes-exil%C3%A9es-de-la-friche-st-sauveur-lille-des-logements-maintenant?signed=true

Lille: Plusieurs baraquements détruits par le feu, dans un camp de migrants  de la friche Saint-Sauveur
photo La Voix du Nord.

Citoyennes et citoyens de Lille, le 28 juin, à vous de Décider!

    
Le 31 mai dernier le collectif Décidez pour Lille soutenu par La France insoumise a lancé un appel aux listes de Martine Aubry et de Stéphane Baly pour qu’elles clarifient leurs positions sur le logement, l’écologie populaire, la démocratie locale, les services publics et l’emploi. 
Nous avons voulu que notre geste soit utile au débat de l’entre-deux-tours.  À l’opposé des échanges houleux mettant aux prises les tenants de l’ancienne majorité municipale, nous avons voulu recentrer le débat sur le terrain des idées, des programmes. 
Les Lilloises et Lillois méritent mieux que les procès d’intentions, propos outranciers et postures politiques qui nous sont proposés depuis 15 jours.  Nous n’avons pas voulu être les arbitres d’un combat de boue entre les ex-alliés d’hier.  Depuis plusieurs jours, les électrices et électeurs de gauche sont déboussolés: l’ex-élu de droite Thierry Pauchet appelle à voter Martine Aubry, tandis qu’EELV en appelle aux aux électeurs macronistes….
Les Lilloises et Lillois méritent que l’on parle à leur intelligence de citoyen et pas à leurs réflexes conditionnés d’électeur. 
Nous nous félicitons malgré tout que les listes menées par Martine Aubry et Stéphane Baly aient répondu de façon détaillée et argumentée à notre interpellation. C’est une preuve de respect adressée aux 3512 électeurs qui ont voté au premier tour pour le collectif Décidez pour Lille.
ll faut saluer la gestion de crise correcte de Martine Aubry et son équipe qui ont atténué l’impact terrible de la crise du COVID19 en organisant la solidarité dans les quartiers. Martine Aubry insiste aussi dans son courrier sur les qualités nécessaires pour gouverner une ville par temps de tempête sociale et économique, nous sommes d’accord sur ce point. Le courrier évoque également le rôle important qu’une mairie doit jouer dans le domaine de l’emploi. C’est en relocalisant celui-ci au plus proche des bassins de vie que nous préparerons un« monde d’après » plus social et écologique. 
Nous regrettons cependant vivement que le liste Lille en Commun, Lille en Confiance n’ait toujours pas pris conscience de l’importance d’un nouveau poumon vert et citoyen à Saint-Sauveur. Nous n’opposons pas nature en ville et logements. On peut transformer Saint-Sauveur en un grand lieu de vie et de nature de 19 ha tout en lançant un grand plan de construction de logements sociaux et très sociaux en partant de l’existant et en le répartissant sur l’ensemble de la métropole.  Par ailleurs, nous pensons toujours qu’il est temps de mettre à disposition des citoyens des outils démocratiques plus développés afin leur permettre de reprendre le contrôle de leur vie et de leur ville. C’est à ce prix que l’on brisera le cercle vicieux du clientélisme qui anesthésie la démocratie locale. 
La liste Lille verte 2020 conduite par Stéphane Baly développe une expertise certaine sur les questions environnementales, la question des énergies et des mobilités.  Le programme reprend la proposition d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local mais est encore frileux sur le vote de confiance à mi-mandat et sur la refonte des conseils de quartiers en  » tables de quartier » dotés de pouvoirs et compétences augmentées. Sur Saint-Sauveur, Stéphane Baly garantit un parc de 15 ha mais réserve 4 ha à des constructions. Nous le réaffirmons : les nouveaux espaces de nature en ville doivent expérimenter de nouveaux modes de gestion. C’est pour cela que le collectif Décidez pour Lille soutenu par La France insoumise soutient l’idée d’une gestion en coopérative citoyenne pour le futur grand parc Saint-Sauveur. 
L’écologie populaire ne pourra se faire qu’en incluant toutes les classes sociales. L’écologie ne peut être une « écologie de centre-ville ». Elle doit être un levier inclusif pour régler le problème de l’emploi, du logement,  de la sécurité alimentaire, de la santé.  Il n’y pas d‘écologie sans démocratie, ni de démocratie sans égalité sociale. Il n’y a pas d’écologie populaire possible sans rupture avec l’économie de marché, ou avec une société centrée sur l’argent et la consommation à outranceLes propos de Yannick Jadot, soutient de Stéphane Baly-, qui refuse de se considérer comme un opposant à Emmanuel Macron troublent de nombreux citoyens de gauche. 
Fort de ce constat, nous adressons un message solennel aux Lilloises et aux Lillois : pas une voix ne doit aller à Violette Spillebout, la candidate du pouvoir en place. Ne vous y trompez pas, elle est bien la représentante locale de M. Macron qui vous fait les poches depuis 2017, qui affaiblit les services publics , dynamite la solidarité et matraque le Peuple. Elle voudrait faire Respirer Lille, mais elle soutiendra des politiques qui étoufferont encore un peu plus les classes moyennes,  populaires, les retraité-es et les étudiant-es. Le cœur de Lille bat à gauche. Envoyez à Mme Spillebout un message clair, montrez lui que vous n’êtes pas dupes sur son véritable projet.
Comme nos concitoyens, nous jugerons sur les actes, pas sur les promesses. À cette heure, nous pensons aux habitants des quartiers populaires qui subissent le mal-logement, le chômage, les différentes formes de précarité. Nous leur adressons un message fraternel : faites-entendre votre voix le 28 juin ! Car soyez-en sûr: les électeurs des quartiers aisés iront sans hésiter voter pour défendre et faire valoir leurs intérêts. Il y a plusieurs chemins pour mettre en place la transition écologique et sociale. Nous faisons confiance à l’intelligence des citoyens pour choisir celui qui leur parait le plus cohérent, le plus solide, le plus égalitaire et le plus inclusif.Exprimez-vous et décidez-vous même. Il y urgence. 
La VIème République que nous souhaitons construire commence dans la cité.  Cette nouvelle République n’est pas celle des élus tout-puissants qui veulent faire le bien des autres malgré eux et elle n’est pas celle des consignes , des « votesbarrage » ou « vote-réflexe« . Je ne suis pas le gardien d’un troupeau . Nous n’avons pas rassemblé au premier tour 3512 Lilloises et Lillois dans le but de les amener se faire tondre dans l’une ou l’autre bergerie.  Ils agiront en citoyennes et citoyens libres, éclairé-es, émancipé-es avec comme seule boussole l’intérêt général. C’est sur cette confiance faite aux citoyens que s‘établira une nouvelle république rompant avec le clientélisme et la mise sous tutelle des individus. 
Je remercie  à nouveau chaleureusement les 3512 Lilloises, Lommois-es et Hellemmois-es  qui ont accordé leur confiance à la liste Décidez pour Lille soutenue par La France insoumise au premier tour. Les graines que vous avez semé avec vos bulletins portent en germe les combats et les débats de demain. 
J’invite les Hellemmoises et Hellemmois à soutenir le beau programme élaboré par le collectif Décidez pour Hellemmes, en votant le 28 juin pour Lucas Fournier et Gisèle Hubert. C’est la garantie d’entendre à la mairie une voix indépendante et claire s’exprimer pour défendre celles et ceux que l’on n’écoute jamais. 
Vous me trouverez toujours sur le chemin de la solidarité, de la cohérence et de l’espoir, 
Julien Poix,
ex-tête de liste du collectif Décidez pour Lille

Réponses de Martine Aubry et Stéphane Baly à la lettre de « Décidez pour Lille »

Le 31 mai la liste Décidez pour Lille a publié une lettre ouverte adressée à la liste Lille en Commun, Lille en confiance conduite par Martine Aubry et la liste Lille verte 2020 menée par Stéphane Baly.

L’objectif de la démarche? Clarifier les positions des uns et des autres afin d’éclairer la décision des 3512 électrices et électeurs qui ont fait confiance au programme porté par la liste Décidez pour Lille que j’avais l’honneur d’animer avec Elodie Cloez. Comme je m’y étais engagé, je publie ici les réponses in extenso des deux listes

Je me félicite que les réponses soient détaillées et argumentées. Je remercie les différents protagonistes d’avoir pris le temps de répondre et d’avoir compris l’importance du débat démocratique en cette période où nos concitoyens vont prendre de plein fouet la crise économique et sociale. Ils ont besoin de réponses claires pour ouvrir collectivement les chemins de notre futur.  Querelles d’égo et invectives doivent s’effacer devant la contradiction argumentée.

Oui, l’avis des électrices et électeurs de Décidez pour Lille comptera pour le second tour le 28 juin. Ils auront pour boussole l’intérêt général de Lille.

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photo Stéphane Burlot

Pour rappel les grandes lignes de notre interpellation que vous pouvez retrouver en entier dans l’article précédent de ce blog:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/municipales-lille-liste-decidez-lille-soutenue-france-insoumise-ne-fusionnera-pas-au-second-tour-1835862.html

 

-La Réponse de Martine Aubry pour la liste Lille en commun, Lille en Confiance: 

Chère Élodie, Cher Julien,
Nous faisons suite à votre communiqué du 31 mai et à la rencontre que nos équipes ont eue le samedi 30 mai dernier et qui s’est passée, de l’avis de tous, dans un climat d’écoute et de respect mutuels. Nous ne vous ferons pas ici le résumé exhaustif de toutes nos propositions que vous connaissez pour en avoir débattu avant le 1er tour. Nous ne vous expliquerons pas non plus, comme d’autres, que nous sommes d’accord sur tout, sinon pourquoi n’avoir pas fait d’alliance pour le 2nd tour ? Assumer les désaccords que nous avons tout autant que les convergences qui existent, c’est comme cela que nous
concevons le respect que l’on doit à votre équipe, vos militants et vos électeurs.
Nous en revenons à notre projet et à vos interrogations. Notre projet repose sur la conviction absolue qu’il ne peut y avoir de transition écologique sans justice sociale. Il se fixe pour objectif de faire de Lille, une ville de référence du mieux vivre social et écologique.

 

La crise sanitaire que nous avons traversée, et qui a éprouvé tant et tant de nos concitoyens, exacerbé des inégalités lourdes dans notre pays, et désormais la crise économique et sociale qui s’annonce ravageuse, n’ont fait que confirmer les priorités que nous nous étions fixées dans notre projet. Et d’abord celle d’assurer un égal accès pour tous à la santé et aux soins alors que dans notre ville, comme ailleurs dans le pays, nombreux sont encore celles et ceux qui ne peuvent concrètement bénéficier d’une prévention efficace, se faire soigner correctement et en particulier trouver à temps un rendez-vous abordable auprès d’un spécialiste.
Dans ce contexte, l’emploi demeure une autre de nos priorités. Nous étions, avec vous, les seuls à en parler avant le 1er tour. Nous sommes désormais les seuls à en parler au second pour défendre inlassablement l’accès à un emploi et des conditions de travail dignes pour tous, à rebours des réformes ou intentions libérales du gouvernement actuel (retraites, assurance chômage, temps de travail…). Aujourd’hui avec la récession annoncée, notre inquiétude est plus grande que jamais, notamment pour les jeunes et pour celles et ceux qui vivent dans la précarité, qui ont déjà perdu ou vont perdre leur emploi. Comment ne pas craindre que celles et ceux qui ont tenu
notre pays pendant le confinement, les caissiers, livreurs, aides-soignants, éboueurs et tant d’autres, ne soient demain les premières victimes de la crise qui commence ? Nous leur devons d’agir vite et fort pour les protéger. Nous défendons l’idée qu’aujourd’hui, il faut tout faire pour sauvegarder l’emploi et promouvoir, dans le même temps, au niveau national une refonte de l’échelle des rémunérations à la mesure de l’utilité sociale que ces métiers nous apportent.
Notre mobilisation sera totale. Il faut ouvrir toutes les pistes. Vous connaissez mon parcours personnel et mon implication forte en faveur de l’emploi et de l’insertion par l’économique. Elle est partagée par mon équipe.
Pour l’emploi, nous continuerons d’abord à promouvoir une ville en mouvement, qui encourage les créateurs, les chercheurs, les entrepreneurs, les commerçants et artisans, l’économie sociale et solidaire, bref tous les acteurs incarnant un développement économique soutenable qui allie performance économique et cohésion sociale sans freiner la transition écologique. Sans céder aux sirènes de la compétition entre territoires, Lille doit rester dynamique et ouverte. Le confinement l’a montré : la mise à l’arrêt d’une ville ou d’une économie locale ne peut durablement être la solution pour faire face aux défis de la santé environnementale ou de la santé tout court !
Pour que ce développement économique soutenable profite d’abord au tissu local, nous donnerons priorité aux activités génératrices d’emplois de proximité (production « made in Lille » sur le plan agricole et alimentaire mais pas seulement) et nous continuerons le
dispositif des circuits courts qui mettent directement en relation les chefs d’entreprise et les jeunes en recherche d’emplois ou de formation.
Cela suppose une relation de confiance avec les employeurs locaux pour établir un lien fort avec notre territoire et ses demandeurs d’emploi. Les projets, tertiaires comme industriels, commerciaux ou même touristiques et culturels, sont toujours examinés au regard de leur bénéfice sur l’emploi et l’activité économique locale.
Avec la garantie jeune, les services civiques dont nous sommes la première ville d’accueil en France, ou encore le soutien aux apprentis, nous ferons tout pour donner une chance aux plus jeunes, cette « génération COVID » dont nous partageons les inquiétudes.
Nous poursuivrons évidemment aussi l’expérimentation Territoire zéro chômeur, déjà bien engagée.
Troisième priorité : la transition écologique. Elle ne peut être différée au prétexte de la crise. Au contraire, la transition écologique doit être la matrice de la relance économique qu’il va falloir conduire très rapidement. Cette relance ne doit pas reprendre les recettes du passé, celles éprouvées après la crise de 2008 qui ont conforté les activités spéculatives. A nos yeux, la relance doit reposer sur l’investissement
écologique.
Nombreux sont les projets que nous défendons qui vont y concourir, dans la rénovation énergétique des logements (nous visons 13 000 rénovations), le soutien aux énergies renouvelables, la métamorphose paysagère que nous voulons lancer et qui fait plus de place à la nature et à l’apaisement des axes structurants et des entrées de ville.
Bien sûr, l’investissement écologique, c’est aussi le développement des transports collectifs. Nous avons défendu auprès de la MEL un nouveau schéma de transport qui améliore les réseaux et augmente l’offre avec notamment de nouvelles lignes de tramway qui desserviront, pour ce qui concerne Lille, nos quartiers populaires. Vous savez, par ailleurs, que nous partageons le principe de la gratuité des transports en commun, même si, de notre côté, nous l’envisageons de manière progressive, en 3 ans, au regard de la saturation actuelle des transports, d’abord avec les jeunes, étudiants, apprentis, et les seniors et personnes en situation de handicap sous conditions de ressources.
Enfin, le logement. Il faut d’abord rappeler qu’au début des années 2000, la ville de Lille subissait un large déficit de logements disponibles.
Nous avons rattrapé notre retard même s’il reste à faire. Nous continuerons à nous battre pour des logements de qualité, écologiquement performants, adaptés aux besoins des familles, et surtout abordables. Dans la Métropole, qui mieux que Lille a pris sa part dans le soutien au logement social, à la fois en termes de rénovation et de production, notamment à travers les projets de renouvellement urbain qui ont considérablement changé le visage de nos quartiers sans chasser les classes populaires ?
Nous maintiendrons notre cap : encadrement des loyers privés qui bénéficiera d’abord aux étudiants logés dans le privé ; objectif de 30 % de logements locatifs sociaux et 10 à 15 % de logements en accession abordable à la propriété dans tout nouveau projet ; développement de l’Organisme Foncier Solidaire, le premier en France qui garantit des prix durablement abordables grâce à la dissociation de la propriété du foncier et du bâti ; offre sociale pour les étudiants ; lutte contre l’habitat indigne, insalubre et vacant.
C’est au cœur de cette politique cohérente et volontariste, construite depuis plus de dix ans maintenant, que prendra place le projet Saint-Sauveur. Nous savons nos désaccords sur le sujet. Et nous restons surpris que vous, qui êtes attachés comme nous à la justice sociale, rejetiez en bloc un projet qui permettrait pourtant à la fois d’améliorer l’offre de logements sociale et abordable en cœur de ville plutôt que d’inciter des familles modestes à devoir s’éloigner toujours plus des centres villes, d’augmenter en même temps la surface d’espaces de nature grâce au parc de la Vallée prolongé par la tranchée ferroviaire et d’offrir de nouveaux services publics de proximité aux Lillois.
C’est un projet équilibré pour un quartier qui sera bas-carbone, avec notamment les boucles de chaleur, et qui surtout, en reconvertissant une friche recouverte à 80 % d’une dalle de béton d’un mètre de profondeur, est la meilleure réponse aux dégâts causés par l’étalement urbain et la consommation des terres agricoles.
Saint-Sauveur est né d’une longue concertation, commencée en 2013, qui a réuni plusieurs centaines de Lillois. Il a évolué au fil des échanges. Il peut encore évoluer.
Car, pour finir, la démocratie locale sera notre boussole pour mener à bien nos priorités. Nous savons que vous y êtes tout autant attachés, même si nous divergeons sur certaines modalités comme le vote de confiance à mi-mandat.
La participation citoyenne est difficile à construire. Beaucoup s’en détournent, comme l’abstention le rappelle. Trouver les nouveaux outils qui donnent à tous l’envie d’agir pour que les décisions collectives ne reposent pas toujours sur le même noyau de personnes intéressées, est une ambition solidement ancrée pour nous.
De la simple information par la municipalité au portage de projets par les citoyens eux-mêmes, en passant par la consultation et la concertation,
nous sommes ouverts à toutes les formes de dialogue et de décision, y compris le référendum local et le droit de pétition locale.
Outre le Haut conseil pour le climat que nous proposons d’officialiser et les actuelles instances de démocratie participative dont nous voulons renforcer les moyens, le budget participatif, que nous avons mis en place au cours du dernier mandat, sera augmenté et doublé d’un budget réservé aux projets des enfants.
Ateliers collaboratifs, urbanisme transitoire et/ou participatif, émergence d’un laboratoire urbain, principe du double appel à projet (un appel à projet citoyen pour définir le cahier des charges suivi d’un appel à projet auprès des professionnels pour le concrétiser), démocratie en ligne associée à l’inclusion numérique … : nos idées nouvelles sont nombreuses et ne demandent qu’à être testées !
Nous voulons associer et consulter toutes les forces vives, associatives, citoyennes et politiques – car nous ne pensons pas comme d’autres que les partis sont inutiles – dans nos actions futures.
Face à une crise qui s’annonce dure et douloureuse, croyez bien que nous sommes absolument mobilisés pour poursuivre la transformation sociale de notre ville, y maintenir la solidarité grâce, entre autres, au formidable tissu associatif lillois, défendre l’emploi partout, réussir ensemble la transition écologique, tout en ne perdant rien de l’élan que nous avons donné à Lille ces dernières années.Recevez, Chère Élodie, Cher Julien, l’assurance de notre amitié.

Martine Aubry, Parti Socialiste
Karine Trottein, Parti Communiste français
Marie-Pierre Bresson, Liberté Écologie Fraternité
Jacques Richir, Centre
Arnaud Taisne, Parti Radical de Gauche
Anissa Baderi, Mouvement des Citoyens

 

-La réponse de Stéphane Baly pour la liste Lille verte 2020: 

LETTRE OUVERTE À JULIEN POIX ET ÉLODIE CLOEZ
ET AUX FORCES VIVES DE DÉCIDEZ POUR LILLE ET DE LA FRANCE INSOUMISE

Chère Élodie, Cher Julien,
Cher·e·s camarades,
Le 31 mai, vous avez fait connaître votre position pour le second tour des élections municipales.
Votre décision, qui fait primer vos engagements et vos combats sur vos « intérêts partisans », vous honore. Elle est infiniment respectable. Vous en appelez donc à notre positionnement afin de permettre à vos électrices et électeurs, et
aux abstentionnistes plus nombreux encore, de faire un choix en conscience pour ce second tour. Avant tout, et comme nous avons déjà eu l’occasion de vous le dire, la porte sera toujours ouverte pour travailler ensemble : au service de Lille, Lomme, Hellemmes et ses habitant·e·s, au service d’un projet de justice, d’émancipation et de protection de nos communs. Nous ne mésestimons pas votre ancrage social et politique, l’écho que vous rencontrez, notamment dans les quartiers populaires, et l’expertise qui est la vôtre. Il est aussi pour nous une évidence qu’Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, en tant que députés, seront des partenaires privilégiés. La transition sociale et écologique nécessite d’actionner des leviers à tous les niveaux. Et si les villes peuvent être en avance dans leurs actions, nous ne saurions agir efficacement sans de nouvelles lois de la République et des relais nationaux puissants. Maire, Stéphane Baly s’engage ainsi à collaborer aussi régulièrement que nécessaire avec vos parlementaires. Croyez bien que nous y plaçons des perspectives politiques qui dépassent la simple courtoisie républicaine.

Nous partageons nombre de valeurs et de mobilisations. Il n’est pas étonnant que le projet Lille Verte 2020 converge ainsi sur beaucoup de points avec celui de Décidez pour Lille. Stéphane Baly, en notre nom, a plusieurs fois expliqué que notre ambition est de rouvrir les portes du Beffroi aux Lillois·e·s. Vous défendez le RIC, nous le défendons aussi. C’est une priorité. Nous nous engageons à la révision de la composition et du fonctionnement des conseils de quartiers. Ils doivent être plus ouverts, plus vivants et le socle d’une action publique populaire en proximité.
Nous proposons en outre la création d’un conseil citoyen européen et international pour donner une voix à la population étrangère en général. Cela n’est pas du ressort municipal, mais notre combat commun pour le droit de vote des résident·e·s étranger·e·s est ancien ! Nous créerons une assemblée citoyenne du temps long, pour donner une voix à la nature et aux générations futures. Ces dispositifs seront cependant insuffisants sans une action transversale et de long terme pour redonner du pouvoir d’agir aux citoyen·ne·s. La diversité, le renouvellement et l’implication des
membres de toutes les instances participatives sont un objectif permanent. Donner une vraie importance au budget participatif est indispensable pour que davantage de projets et de plus grande ampleur puissent se réaliser à l’initiative des habitant·e·s : nous le triplerons. Les conférences de consensus citoyennes, qui ont fait leur preuve, sont également importantes pour prendre en compte l’expertise citoyenne et prendre soin de nos communs. Enfin, le soutien aux associations d’éducation populaire est primordial. Sans trajectoires d’émancipation, le corps social se sclérose.
Parce que nous croyons en ces instruments dynamiques de démocratie locale et de citoyenneté, parce que nous sommes résolument engagés pour l’éthique et la transparence de l’action publique, nous ne sommes pas favorables au vote de confiance à mi-mandat et à la révocation des élu·e·s. Paradoxalement, ce serait toutes les faiblesses de notre démocratie représentative qui seraient amplifiées, avec une focalisation sur les conseils municipaux et le conseil métropolitain, sans rien résoudre des dysfonctionnements inhérents aux institutions de la Ve République.
Notre philosophie est de mettre toute notre énergie pour développer l’esprit critique des
Lillois·e·s, pour leur permettre d’agir, pour garantir la transparence des processus de décision, pour associer les habitant·e·s à toutes les étapes des projets structurants. Ce sont les meilleurs contre-pouvoirs citoyens !
Vous nous interpellez également sur le logement : sur ce point, nous faisons le choix d’un
changement des politiques menées jusqu’ici. Rénover plutôt que construire, c’est défendre une certaine idée de la sobriété, mais c’est surtout prendre acte de la priorité absolue à donner à la lutte contre la précarité énergétique, contre les logements vétustes voire insalubres, les logements inadaptés. C’est favoriser une reconnaissance des métiers, un développement des emplois d’avenir, non délocalisables grâce à la rénovation énergétique et les énergies renouvelables. En faisant cette proposition, nous affirmons l’indispensable réorientation des moyens, humains comme financiers, de notre ville, pour que les Lillois.e.s bénéficient de logements sains, confortables et économes. Nous voulons également réorienter l’effort de construction vers les besoins les plus criants : logements familiaux, logements étudiants à coûts maîtrisés, logement pour les personnes qui n’en ont pas. Nous fixons un objectif de 30 % de logements sociaux à Lille contre 24 % actuellement. Il est aujourd’hui totalement obsolète de vouloir bâtir des milliers de mètres carrés de bureaux avec le développement du télétravail et le nécessaire rééquilibrage des territoires. Avec la crise que nous traversons, l’immobilier d’entreprise va de surcroît reculer. C’est autant d’espaces à
réinvestir pour le logement des habitants, en particulier le logement très social. Enfin, nous lutterons contre les logements vacants. Il y a des milliers de logements mobilisables pour les plus fragiles dans notre ville ! Il faut casser la spéculation de certains sur le logement.
Nous affirmons que doit cesser cette embolie constructrice qui cherche à ramener toujours plus d’habitants et d’activités dans notre ville. Nous croyons à la coopération des territoires, pas à la concentration et la compétition.
Ceci nous amène à Saint Sauveur, et par extension à l’ensemble des grands projets immobiliers actuellement en gestation au sein de notre ville : Forum-Agora, RHD2, Metropolitan Square…

Offrir de grands espaces de nature et de respiration aux Lillois.e.s est une priorité. Nous devons réaliser un second poumon vert pour Lille à Saint-Sauveur. Notre position est très claire : 15 hectares de parc et 4 hectares sur lesquels les seuls bâtiments envisageables sont à forte utilité sociale (médiathèque ? logement étudiant ?). Sur ces 4 hectares, nous n’imposerons rien. Grâce à la mobilisation des associations aujourd’hui et demain grâce à la conférence citoyenne, ce sera ainsi le laboratoire citoyen d’une ville renaturée, qui protège, préserve, répare les liens entre les habitant·e·s et fasse de la biodiversité, de l’air, du climat, du bien être, les déterminants de l’action
publique.
Le devenir de la friche Saint-Sauveur s’inscrit ainsi dans une démarche globale. Ce sont 10 grands lieux de nature qui seront créés, étendus ou requalifiés entre 2020 et 2026, ce seront des continuités végétales sur les grands axes. Ce seront aussi 10 cœurs de ville apaisés (zones piétonnes, dont la Grand’Place au cœur d’un large secteur de 50 hectares, davantage d’installations sportives, de bancs et de toilettes publiques). Le périphérique sud sera transformé en boulevard urbain et recouvert en partie. A Lille-Sud, 17 % des enfants sont asthmatiques, soit 10 points de plus que la moyenne. C’est insupportable !
Il n’y a pas de justice environnementale sans justice sociale.
C’est pourquoi, parmi nos engagements figure comme dans votre projet la gratuité des transports publics en 2025, au plus tard en 2030 (il nous faudra trouver une majorité politique à la MEL : nous aurons besoin de tous les soutiens !). Dans le contexte de crise économique et sociale aggravée par la crise sanitaire du coronavirus, nous proposons qu’une première tranche de gratuité pour les personnes aux revenus les plus modestes soit mise en place dès la rentrée scolaire 2020.
Partout en France, et depuis toujours, les écologistes ont été en pointe dans le combat pour le retour en gestion publique de ce bien commun qu’est l’eau. Les exemples existent (Grenoble, Lacs de l’Essonne…) et montrent que c’est possible. Cela permet d’agir autrement, en particulier pour la tarification sociale et la gestion écologique de cette ressource vitale.
Nous devons désormais systématiquement mesurer l’impact écologique des grands projets municipaux et métropolitains. Dans notre cité, c’est le budget climatique, qui croise indicateurs carbone, de santé et de nature, très analogue à la « règle verte », que nous avons obtenu à la Métropole Européenne de Lille, qui doit s’imposer pour guider les décisions et devenir la référence
de toutes nos politiques publiques, et nous permettre ainsi de rendre compte aux habitant.e.s de notre action.
En toute franchise – et sur les sujets clés comme la démocratie locale, le logement pour les étudiants et les plus précaires, le devenir de la friche Saint-Sauveur, la place des mobilités actives,, le refus de la marchandisation de notre ville, la vidéosurveillance – nous ne comprenons pas comment nous pouvons être mis dos à dos avec le projet et les pratiques de Martine Aubry.
Vous le dites vous-mêmes, votre objectif c’est « une alternative à la majorité municipale
actuelle ». Julien Poix redoutait que nous ne prenions pas nos responsabilités : nous les avons prises. Et nous sommes désormais la seule liste en mesure de proposer cette nécessaire alternance.
Les habitant·e·s de Lille, Lomme et Hellemmes sont prêt·e·s à construire le monde de demain.
Chaque jour, nous les rencontrons, vous les rencontrez. Chère Élodie, cher Julien, cher·e·s camarades, qu’attendez-vous pour œuvrer, à nos côtés, au changement dont notre ville à tant besoin ? Urgence climatique, urgence sociale : dans six ans, il sera trop tard. En vérité, qu’apporterait un quatrième mandat de la maire sortante à Lille sinon la poursuite de ce que vous voulez, ce que nous voulons, voir changer ?
A bientôt !
Bien sincèrement,
Stéphane BALY, tête de liste Lille Verte 2020
Stéphanie BOCQUET, deuxième de liste, EELV
Faustine BALMELLE & Laurent PERIN, Génération.s
Xavier BONNET, Génération Écologie
Sven FRANCK, Volt
Frédéric LAROCHE, DiEM25
Véronique DELEPLANQUE, tête de liste Lomme Verte 2020
Simon JAMELIN, tête de liste Hellemmes Verte 2020

Scènes de crime

-Les truands à l’offensive

Mader Colors, Nidaplast, Stocks américains, Castorama ….Dans le Nord,  la liste des attaques incessantes contre les salariés et leurs droits ne cesse de s’allonger

Depuis septembre, les « énergies » semblent libérées, les éléments déchainés : Macron a  a assouvi les fantasmes ultra-libéraux d’un certain patronat revanchard.  « Le code du travail, voilà l’ennemi ! Le blanc-seing accordé par Macron à travers ses ordonnances a achevé de transformer le monde du travail et le « dialogue social » en Far Ouest.  On ne compte plus les cas de personnes licenciées arbitrairement et sans recours, de syndicalistes menacés verbalement, les situations de refus complet de dialogue de la part des directions. La désorganisation des « rapports sociaux » dans l’entreprise est complète, l’opacité est générale, l’impunité, totale. De ce « chaos libérateur » organisé par les ordonnances Macron, doit naitre l’harmonie. La croissance sans fin et  la relance de l’emploi sont ensuite censées suivre. Mais l’illusion a été de courte durée. Madame Pénicaud  a elle-même reconnu récemment que la dérégulation du monde du travail n’amène pas « mécaniquement » la relance de l’économie et la baisse du chômage. Trop tard. Les escrocs avaient déjà accompli leur œuvre.

Dans les entreprises citées en ouverture de ce propos, un point commun : les directions s’estiment déliées de toute obligation, de toute responsabilité morale. Elles ne jugent même plus utiles d’informer les délégués des salariés au travers des conseils d’administration sur la stratégie de l’entreprise.  Un rideau de fer est tombé sur le dialogue social et la « démocratie d’entreprise ».

Il me revient à l’esprit une image glaçante et grise : celle d’une façade d’immeuble haussmannien au cœur de Lille.  Ce bâtiment, c’est le siège de Mader Colors, fabricant de peintures qui possède le site de Mareuil dans le Pas-de-Calais (62). La liquidation est venue  à peine quelques mois après un premier plan de licenciements. A l’interrogation légitime des salariés, la direction a offert une façade fermée d’immeuble, un mur : le siège de l’entreprise avait été complètement évacué dès le matin afin d’empêcher les salariés du site de Mareuil  de remettre leur supplique en mains propres. Le désarroi était total pour ces gens à qui on refusait même la simple amorce d’un dialogue .

 

 

 

Chez Viapost, filiale de La Poste,  qui distribue les produits Nocibé et Kiabi de vente par correspondance, les délégués syndicaux appuyés par la grande majorité du personnel demande des réponses à leur direction sur la stratégie à long terme de l’entreprise. Silence radio de la direction et inquiétude sur la pérennité de l’activité. Ici les salariés naviguent à vue.

CP Viapost-1

Ce tableau brossé à grands traits peut, j’en conviens, décourager.  A quoi bon lutter face aux trucages, omissions et à l’opacité installées comme règles dans un monde du travail aux protections atomisées ?

L’espoir surgit du collectif. Refaire collectif est la première étape vers des victoires futures. Je pense par exemple à ces co-gérants des magasins Stocks américains  dans les Hauts-de-France (vêtements, jeannerie). Rien ne prédestinait les co-gérants à la lutte. Ils étaient en autonomie dans leur magasin respectif, conscient de la difficulté de leur situation individuelle mais isolés. Sous l’impulsion de gérants courageux, ils se sont réunis un samedi matin dans un magasin, derrière le rideau baissé.  Autour d’un verre et d’un paquet de chips, ils ont sorti les contrats de travail, les liasses de bulletins de salaires. Ils ont échangé, débattu, se sont engueulés et finalement, ils se sont reconnus : ils sont dans la même galère avec un contrat et des salaires précaires (300 euros de fixe par mois, le reste du salaire consiste en commission !). De cette mise en commun des problèmes de chacun a accouché une revendication commune : la requalification de leur contrat de travail.

 

Face aux multinationales ou au grand patronat qui possèdent un vaste réseau de protection de  leurs intérêts nous avons une mission cruciale : récréer du collectif, reconstruire une organisation complète d’autodéfense et de conquête sociale. S’organiser pour ne plus subir.

-La FI mène l’enquête.

Quelle est la mission de la France Insoumise dans cette réorganisation ? Nous avons la mission d’être les enquêteurs du quotidien. Lorsque nous venons en soutient sur une lutte sociale, nous sommes souvent confrontés à une scène de crime social. Il nous faut enquêter et partir à la recherche des indices, relever les traces apparentes et « suivre l’argent ». Où va en effet l’argent public offert depuis 40 ans  aux multinationales pour la relance de l’emploi ? A qui profite le crime ?

Le groupe Castorama-Kingfisher a enregistré cette année 332 millions d’euros de bénéfices. Il a touché 30 millions de CICE. Pourtant, il va délocaliser 750 emplois en Pologne.  La raison de fonds ? Optimiser le rendement des dividendes pour les actionnaires. Difficile de combattre cette « menace fantôme », cet ennemi invisible quand au quotidien on met sous le nez des braves gens tout un lot de coupables idéaux : le chômeur, l’assisté, l’étranger, le Rom, le jeune….

 

Notre travail de militant-enquêteur est de démonter le mécanisme du crime social perpétré dans nos usines, nos services publics. Nous devons enquêter et témoigner pour que continue à exister toutes ces vies brisées par le capitalisme et l’appât du profit sans limites.

La convention de la France Insoumise à Clermont-Ferrand a pris une décision importante : elle a décidé de constituer un réseau d’alerte sur le terrain des luttes sociales et écologiques. L’espace des luttes sociales sera coordonné par Danielle Simonnet et Philippe Juraver. L’objectif n’est pas de marcher devant les syndicats ou de les remplacer dans leur formidable et indispensable travail auprès des travailleurs de ce pays. Il s’agit plutôt d’amplifier, de redonner une visibilité, un porte-voix, à celles et ceux qui n’en n’ont plus.  Le groupe des 17 députés de la France Insoumise doit puiser dans ces luttes quotidiennes, l’inspiration et la motivation qui guideront son travail. Dans le Nord, c’est l’objectif que nous poursuivons avec les députés France Insoumise Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis. Ils ont en effet souhaité placer les luttes au cœur de leur engagement parlementaire

Le dialogue constant avec les syndicalistes des secteurs publics et privés, avec les lanceurs d’alerte doit aussi nous permettre de jeter les bases de nouveaux rapports sociaux. Le programme l’Avenir En Commun porte des propositions importantes pour établir enfin une véritable citoyenneté dans l’entreprise, pour créer un véritable statut aux lanceurs d’alerte, pour accorder un droit de véto aux représentants des salariés dans les conseils d’administration.

Rassembler, réorganiser, résister, c’est la mission que nous nous donnons. Construisons ensemble cet espace des luttes sociales et écologiques : un Peuple uni (et organisé) n’est jamais vaincu !

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Coup d’Etat social de Macron: organisons la Résistance!

«  Avec M. Macron, vous allez cracher du sang ». Cette phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting à Lille pendant la campagne présidentielle avait fait bondir toutes les belles personnes qui commentent à longueur d’antenne l’actualité politique de notre pays.

Une fois plus, le fondateur de la France Insoumise était taxé d’outrance.  Ses  « propos violents empreints d’un populisme décomplexés » étaient condamnés par tout ce que le monde politique et éditorial compte de respectable.

Enivrés par le tourbillon de la victoire de Macron, nombreux sont celles et ceux qui se réveillent difficilement : le choc est douloureux. Le spectacle offert par la majorité En Marche à l’assemblée, inféodée au bon plaisir du Prince-Président Macron a refroidi les ardeurs des angéliques.

2 dossiers nous montrent bien que la victoire d’En Marche est la revanche des puissants et du MEDEF :

Dossier 1- le scandale de l’amiante : Le Permis de Tuer.

Depuis les années 50 et même depuis le début du XXème siècle la dangerosité des fibres d’amiante est avérée. L’amiante a été le matériau « roi » des trente glorieuses et de ce fait s’est immiscé partout : murs, toitures, trottoirs, tuyaux, objets du quotidien…. Partout autour de nous sommeillent encore des bombes à retardement. Car une fois dégradé et volatil, l’amiante est un poison mortel à moyenne ou longue échéance.

Pendant des années, les responsables d’Eternit, un des leader mondiaux de l’amiante, et les responsables politiques n’ont donné aucune consigne de sécurité particulière aux salariés de l’amiante alors qu’ils connaissaient pertinemment la dangerosité du matériau.  100 000 personnes sont déjà décédées des suites de cancers, de maladies respiratoires liés à l’amiante. On estime que dans les 20 ans qui viennent, 100 000 mourront encore.

Or, on vient de prononcer un non-lieu au pénal contre les responsables économiques de l’empoisonnement à l’amiante. Le motif ? «  On ne peut dater avec précision le moment de la contamination » des salarié.es. Ne connait-on pas leur date d’embauche dans l’entreprise ? N’y a-t-il pas un lien établi par les médecins entre leur activité et leur maladie ? Peu importe ! Le tribunal choisit de protéger les industriels et leurs intérêts économiques. On tue les malades et les victimes de l’amiante une seconde fois.  Dans les années 60, on faisait vider aux manutentionnaires les sacs d’amiante à bras nus pour l’usine « tuyaux » de Thiant : qui ne connait pas dans le Valenciennois la fameuse « gale du ciment », en réalité un cancer qui ne dit pas son nom ? La responsabilité des employeurs est un fait avéré. Il y a eu mise en péril des employé.es.

Nous demandons justice pour les travailleuses et travailleurs qui sont nombreuses et nombreux dans le Nord à souffrir à chaque respiration de leur exposition à l’amiante. Nous demandons justice pour les familles des disparus. Nous demandons justice pour les malades et morts à venir : car l’amiante va continuer son travail de destruction silencieuse.  L’usine éternit de Thiant (Nord) située dans la 19ème circonscription a produit des millions de tonnes d’éléments de construction divers pour l’industrie et les particuliers : murs de collèges, conduites d’évacuation, toitures et garages de particuliers, remblais…. L’amiante est partout. Les plans de désamiantages sont encore trop timides et les études d’impact sous-estiment la menace sanitaire. Il faut faire du combat contre l’amiante un enjeu national et européen. Nous le devons à toutes celle set ceux qui en sont morts et aux générations à venir.

Dossier 2- La réforme du compte pénibilité : un cadeau fait au MEDEF

Le fil conducteur de ces réformes menées par Macron c’est  la « libération du Travail », entendons par là des entreprises, mais surtout du grand patronat relié au MEDEF.

Quand Madame Pénicaud parle de « libération des entreprises » quand elle évoque la réforme du code du travail et du compte pénibilité, il faut entendre « aliénation » pour le travailleur.

Le gouvernement vient d’annoncer la réforme du compte-pénibilité. Le mot « pénibilité » qui heurtait les oreilles chastes du patronat, disparait. Il faudra maintenant parler du «  C3P » : « Compte professionnel de prévention ». De prévention, il n’en n’est plus guère question en réalité. La procédure change pour 4 des 10 risques inscrits dans la loi (postures pénibles, manutention de charge à la main, vibrations mécaniques, risques chimiques). Ainsi, dans le nouveau compte il ne sera plus nécessaire pour l’employeur de déclarer et de mesurer ces risques. Les travailleurs qui sont soumis aux risques cités plus hauts obtiendraient des « droits à départ anticipé à la retraite » s’il «  développe une maladie professionnelle, reconnue incapacitante à plus de 10% » par une « visite médicale de fin de carrière » ! On le constate : la « simplification » du droit du travail se fait belle et bien sur le dos des salarié.es. Cerise sur le gâteau le financement des droits ne s’effectuera plus par les cotisations spécifiques (comme prévu depuis 2014) mais dans le cadre de la branche accidents du travail-maladies professionnelles.

Comme dans un mauvais feuilleton, le MEDEF se félicite. Les syndicats et associations n’en reviennent pas. C’est un retour  « à la pénibilité vue par Fillon ». Dans cette pénibilité version « Macron » il faudra donc que le salarié prouve qu’il est bien en incapacité ou malade et il devra être déclaré comme tel afin de bénéficier d’un départ anticipé. Problème : le temps de latence de certaines maladies (comme dans le cas de l’amiante par exemple). Bien souvent, elle se déclare après la retraite !

«  Vous allez cracher du sang » : une phrase outrancière ? L’ampleur de l’offensive de destruction menée par Macron, Philippe et Pénicaud est sans précédent et laissera des traces. La vie quotidienne de millions de salarié.es va s’en trouver bouleverser. L’impact sur la santé, les conditions de travail, la vie familiale va être désastreux. C’est une société à deux vitesses, une justice de classe que ce gouvernement souhaitent promouvoir comme projet de société : le naufrage social est au bout de ce cap politique.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/10/penibilite-edouard-philippe-donne-satisfaction-au-patronat_5158418_823448.html?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1499679652

La France Insoumise poursuit sa structuration. Elle souhaite s’organiser comme une force d’alternative à ce monde de la Loi travail XXL. Ce travail d’opposition et d’alternative : nos député.es le construisent jour après jour à l’Assemblée Nationale. Nous nous devons dans la rue, dans les luttes sociales et écologiques d’œuvrer à la création d’un rapport de force populaire afin de peser sur le gouvernement. Quand le parlement est verrouillé, les forces sociales doivent donner et montrer toute leur force !

Retrouvons-nous sur le Front social, dans les luttes d’entreprises, avec les associations  pour construire une autre société solidaire et écologique.

Nous vous donnons rendez-vous pour une première étape ce mercredi 12 juillet à 18h, place de la République à Lille. Venez nombreuses et nombreux !

Gaz de couche et de schiste dans le Denaisis et le Valenciennois : Non merci!

Le vendredi 23 juin les militant.es de la France Insoumise étaient présents à Denain pour participer à la réunion publique organisée par le collectif Houille Ouille Ouille.  Le collectif régional milite depuis des années pour l’interdiction de l’exploitation du gaz de couche et de schiste.

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A la différence du gaz de mine qui remonte naturellement en passant par les anciens conduits de mines et qui est exploité depuis des années, l’extraction du gaz de couche est particulièrement invasive et dangereuse. La fracturation des couches de roche et de terre est nécessaire pour extraire un gaz prisonnier à près de 2km sous terre. L’injection d’un mélange d’eau et de produits chimique sous pression provoque des dégâts irréversibles et pollue les nappes phréatiques d’eau potable.

Notre région parcourue de galerie de mines est convoitée par les entreprises qui souhaitent obtenir des permis d’exploration et d’exploitation. L’exploitation des gaz de couche et de schiste provoquerait un désastre sanitaire et environnemental dans un territoire au  sous-sol déjà fragilisé.

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Nicolas Hulot vient d’annoncer qu’il souhaite modifier le code minier afin d’empêcher la délivrance de nouveaux permis d’exploration et d’exploitation. Il ne revient cependant pas sur les permis déjà accordés. Par ailleurs, comment souhaite t-il faire appliquer cette décision alors que le gouvernement auquel il fait partie soutient le CETA et le TAFTA, accords qui permettent l’extraction du gaz de couche ?

La France Insoumise dénonce la duplicité du Gouvernement Macron-Philippe sur la question environnementale. La question du gaz de couche et de schiste est une question de santé publique. La France Insoumise s’oppose à son exploitation et à la délivrance de tout nouveau permis. Nous souhaitons par ailleurs revenir sur les concessions déjà accordées.

L’exploitation de ce gaz n’apportera en outre aucun emploi pérenne à notre bassin de vie. Au contraire, la France Insoumise propose de diversifier les sources d’énergies durables pour sortir du fossile et atteindre le 100% d’énergie renouvelables en 2050. C’est en lançant un grand plan de ré industrialisation durable dans l’éolien, le solaire et les industries liées aux nouvelles sources d’énergies que nous parviendrons à relancer l’emploi dans notre territoire.

 

Contact : 19circonscription@gmail.com

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